Face à la persistance des tensions sur l’offre de soins en Île-de-France, la Région Île-de-France franchit une nouvelle étape de son plan santé. Réunie en séance plénière, elle a voté l’« Acte 2 » de sa stratégie pour lutter contre les déserts médicaux et soutenir l’offre de soins et mobilisera à cet effet 5 millions d’euros en 2026. L’objectif ? attirer de nouveaux soignants, améliorer leurs conditions d’exercice et garantir un accès effectif aux soins partout en Île-de-France.
Un bonus à l’installation et renforcement de la sécurisation des cabinets médicaux
Pour encourager l’installation de professionnels de santé dans les zones les plus en tension, la Région crée un bonus à l’installation. Les médecins généralistes, infirmiers, sage-femmes, kinésithérapeutes et autres professionnels de premier recours qui s’installeront seuls dans les territoires ruraux de grande couronne, les quartiers prioritaires de la politique de la ville, la Seine-Saint-Denis ou les zones fragiles de grande couronne pourront bénéficier d’une aide forfaitaire pouvant aller jusqu’à 10 000 euros. En grande couronne, ce bonus ruralité de 10 000 euros ciblera les généralistes, les spécialistes de premier recours et les professionnels paramédicaux, notamment les infirmiers et les sage-femmes. Et parce que la sécurité est une condition indispensable à l’exercice serein du métier de soignant et un facteur déterminant d’attractivité des territoires, la Région met en place un nouveau dispositif permettant de financer l’acquisition d’équipements destinés à protéger les professionnels de santé et leurs patients. Il s’agit notamment de portes avec contrôle d’accès, de clés de sûreté, de visiophones, de systèmes d’alarme et de vidéoprotection. Le plafond de subvention est fixé à 15 000 euros pour les cabinets médicaux et à 8 000 euros pour les professionnels exerçant seuls, dans la limite de 70 % de la dépense. À titre d’exemple, l’installation d’un visiophone représente en moyenne un coût de 4 000 euros, celle d’une porte avec contrôle d’accès entre 3 000 et 4 000 euros, et celle d’un système de vidéosurveillance environ 3 000 euros. Ce dispositif concerne l’ensemble des professionnels de santé, qu’ils exercent seuls ou en cabinet de groupe. À court terme, la Région se fixe un objectif d’une centaine de cabinets bénéficiaires. Au printemps, un courrier sera adressé à l’ensemble des maires afin de recenser les besoins dans les cabinets municipaux.
Poursuite du déploiement des maisons de santé
Depuis 2016, la Région a soutenu 517 structures collectives de santé, dont 158 maisons de santé pluriprofessionnelles, réparties sur 356 communes. Ces structures constituent aujourd’hui le modèle privilégié pour optimiser le temps médical, améliorer la qualité des prises en charge et offrir des conditions de travail attractives aux soignants. L’Acte 2 du plan santé confirme cet engagement, avec un soutien renforcé à la création, à l’extension et à l’équipement des maisons de santé, notamment dans les territoires sous-dotés.
Une aide pour l’arrivée des docteurs juniors dans les territoires sous-dotés
La Région met en place de nouvelles aides pour accompagner l’accueil des docteurs juniors, ces jeunes médecins en fin de formation appelés à jouer un rôle clé dans le renouvellement de la démographie médicale. Elle crée une aide à l’aménagement et à l’équipement des locaux médicaux afin de les adapter à l’accueil de ces jeunes praticiens, ainsi qu’une aide aux collectivités qui proposent une solution d’hébergement, sous la forme d’un logement à loyer modéré, pour favoriser leur installation. Dès janvier 2026, 100 000 euros seront mobilisés pour soutenir du logement proposé à titre gracieux ou à faible coût pour les docteurs juniors, notamment dans les zones rurales, et 100 000 euros supplémentaires seront dédiés au financement de travaux d’aménagement ou d’extension des cabinets médicaux pour les accueillir.
La Région renouvelle également son partenariat avec Initiative Île-de-France pour proposer aux professionnels de santé un prêt à taux zéro allant jusqu’à 50 000 euros, remboursables sans intérêt. Ce « prêt santé initiative » permet de couvrir les besoins de trésorerie lors de l’ouverture ou de la reprise d’un cabinet et complète les aides directes à l’installation. Depuis 2019, ce dispositif a déjà permis à 271 professionnels de santé de s’installer sur le territoire régional.
Former aujourd’hui les soignants de demain
La Région agit aussi en amont, sur la formation. Elle travaille également sur une option santé dans les lycées volontaires, notamment en ruralité, pour faire connaître les métiers de la santé et les études nécessaires auprès des lycéens, à travers du tutorat, du stade de découverte et des témoignages d’étudiants en médecine. La Région développe également de nouveaux terrains de stages ambulatoires, favorisant la découverte de l’exercice en ville et l’installation future dans les territoires sous-dotés, et soutient les bourses et les parcours de formation des étudiants en santé.