Pour leur première sortie publique, les patrons et économistes réunis au sein du Front économique, autour du président du Medef, ont choisi de frapper fort. Pas question d’un consensus mou : le document rendu public ce vendredi 29 août propose une série de mesures radicales visant à transformer en profondeur l’action publique et le fonctionnement de l’économie française.
Parmi les principales propositions figure la réduction de la taille du gouvernement, qui passerait de 35 à 23 ministres, soit une équipe resserrée « à l’image des grandes entreprises où l’efficacité se mesure à la clarté de la gouvernance ».
Autre réforme choc : la suppression de 20 000 communes sur les 35 965 que compte actuellement la France, pour ramener leur nombre à 20 365. Selon les signataires, il s’agit de rationaliser l’organisation territoriale et de mettre fin au « mille-feuille administratif » coûteux et inefficace.
Les dirigeants économiques appellent également à réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires, avec un objectif affiché de 1,5 million d’agents publics, soit une baisse historique par rapport aux effectifs actuels. En parallèle, ils prônent un allègement significatif de la fiscalité pour libérer les énergies productives.
Sur le volet social, le Front économique propose de faciliter le recours aux heures supplémentaires, jugées essentielles pour accroître la compétitivité des entreprises et améliorer le pouvoir d’achat des salariés.
Enfin, innovation notable, les patrons militent pour la création d’une véritable bourse des données, calquée sur le fonctionnement des marchés financiers, afin de mieux valoriser et sécuriser l’utilisation de l’information stratégique dans l’économie numérique.
« Il est temps de réduire la voilure de l’État et de rendre à l’économie française les moyens de sa prospérité », martèlent les auteurs du rapport, qui entendent peser dès la rentrée dans le débat public.