Exploité depuis 1927 par la Compagnie Parisienne de Chauffage urbain (CPCU), ce service public essentiel arrive à échéance le 31 décembre 2026. C’est la SEMOP nouvellement constituée qui assurera la continuité du service public, à compter du 1er janvier 2027, pour une durée de 25 ans.
Accélérer la mutation écologique du réseau et renforcer la souveraineté énergétique du territoire à l’échelle métropolitaine, garantir aux abonnés et usagers un tarif de chauffage abordable et maîtrisé dans la durée, avec une baisse dès 2027, pour près de 70 % des usagers du réseau, Renforcer la gouvernance publique du réseau, telles étaient les exigences de la Ville de Paris. « Pionnière dans la lutte contre le changement climatique, la Ville de Paris mène une politique publique ambitieuse afin d’atteindre ses objectifs de neutralité carbone en 2050 dans le cadre de son Plan Climat, a déclaré le maire de Paris, Emmanuel Grégoire. La signature de ce contrat avec la SEMOP en charge de décarboner, développer et moderniser le réseau de chaleur grand parisien, marque l’accélération de nos actions en faveur d’une transition écologique la plus juste possible grâce à un service public de la chaleur abordable et accessible au plus grand nombre. »
Le contrat de concession a été signé vendredi 10 avril 2026 entre la Ville de Paris et une SEMOP associant la Ville de Paris (34 %), la Banque des Territoires (15 %) et l’opérateur économique, constitué par le Groupement Dalkia, Eiffage et RATP Solutions Ville (51 %). Il est entré en vigueur le 23 avril avec sa notification par la Ville de Paris. Créée spécifiquement pour l’exécution du contrat, cette SEMOP assurera l’exploitation, la modernisation et la décarbonation du réseau de chaleur parisien, infrastructure urbaine majeure à l’échelle métropolitaine, qui alimente aujourd’hui près d’un million de personnes à Paris et dans 16 communes limitrophes.
Dès 2034, la part des énergies renouvelables et de récupération (EnR²) passera de 50 % à 76 % du mix énergétique grâce à l’utilisation de plus de neuf sources d’énergie bas-carbone : géothermie, récupération de chaleur sur l’eau de Seine, valorisation de la chaleur fatale du métro, unités de valorisation énergétique, pellets, bois B, combustibles solides de récupération, biocombustibles, électricité grâce à l’installation de pompes à chaleur et de deux chaudières électriques. L’objectif est d’atteindre, à l’horizon 2050, 100 % d’énergies renouvelables et de récupération, conformément au Plan Climat de la Ville de Paris. Par ailleurs, dans un contexte géopolitique incertain qui accroît la volatilité du prix des énergies fossiles, limiter drastiquement le recours au gaz en diversifiant le mix énergétique assurera une maîtrise de la facture de chauffage et d’eau chaude dans la durée.
Au global, ce réseau de chaleur étendu et modernisé permettra de diminuer de 50 % les émissions de CO2 d’ici 2034, avec 12 millions de tonnes de CO2 évitées par rapport à l’utilisation d’énergies fossiles sur toute la durée de la concession. La part du gaz dans le mix énergétique sera réduite de 50% d’ici 2034. Ce grand projet de verdissement et de développement du réseau entraînera un plan d’investissement important de près de 3,4 milliards d’euros sur 25 ans portés par la SEMOP.
Chiffres-clés sur la trajectoire du réseau de chaleur d’ici 2051
– 1er réseau de chaleur français
– 16 villes franciliennes alimentées : Asnières, Aubervilliers, Boulogne-Billancourt, Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Clichy-la-Garenne, Gennevilliers, Gentilly, Île-Saint- Denis, Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine, Le Kremlin-Bicêtre, Levallois-Perret, Saint-Denis, Saint-Ouen et Vitry-sur-Seine.
– De 6330 à 9100 abonnés (+ 43 %) sur 25 ans
– 40 % de nouveaux abonnés raccordés en zones blanches
– De 534 km à 750 km de réseau vapeur et eau chaude (+ 40 %)
– Dès 2034, de 50 % à 76 % d’énergies renouvelables et de récupération (EnR²) du mix énergétique et diminution de 50 % des émissions de CO2
– De 550 à 617 collaborateurs au statut IEG (Industries Électriques et Gazières)